La fille du chasseur      

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« Est-ce que c'était moi ? Est-ce que vraiment j'ai vécu ça ? Ou est-ce que c'est une autre, ou est-ce que c'est un rêve ? Mon enfance dans le désert, les grandes traversées avec le Groupe Nomade, mon gavage, mes mariages avec... Est-ce que ça a existé ? C'est tellement loin de moi. Et puis si c'était vraiment moi, qui suis-je maintenant ? » La voix de Mariem s'élève du pays au million de poètes, de ce désert mauritanien où le vent de sable efface toutes les traces, et voue la vie des hommes à l'oubli. Portés par sa parole magistralement mise en scène par Sophie Caratini, nous traversons le miroir du mythe pour atteindre à la vérité d'une femme et découvrir un monde saharien, bédouin, que le choc colonial va totalement bouleverser.

 

Mon avis 

J'ai été quelque peu désarçonnée par la candeur, la franchise et la fraîcheur de cette histoire qui semble irréelle, impensable pour nous Européens.

L'héroïne, la jeune Mariem dont on découvre le visage en couverture du livre nous entraîne en Mauritanie, pays dont la civilisation et la culture sont si différentes des nôtres.

Au travers d'étapes  (coups, torture du gavage, mariages forcés), elle nous décrit son quotidien, la routine de sa vie.     

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Elle nous décrit l'amour qu'elle porte à son pays, à ses proches, à sa culture et aussi à sa volonté de changer afin d'améliorer sa condition de femme. Une vie hors du commun faite d'épreuves.Parfois, on se surprend à sourire lorsqu'elle s'essaie à vivre comme une Occidentale (tentative de marcher avec des talons hauts pour la première fois).

 

 

 

 

«Au début, j’avais vraiment une démarche de hibou, de corbeau, c’était affreux. Je marchais en me dandinant. C’était impossible de faire autrement parce qu’à Nouakchott il n’y avait pas une seule rue goudronnée. Si, par chance, je trouvais un endroit un peu dur, j’essayais de rouler les mécaniques, et tout d’un coup, paf ! Je m’écroulais ! J’avais un pied qui faisait ouf dans le sable ou alors je marchais sur un caillou, et je tombais. Combien de fois je me suis cassé la figure ! J’ai encore des marques sur les genoux à cause des talons, parce que je tombais tout le temps sur les cailloux".

Une bonne collaboration entre  l'auteur et l'héroïne a permis la construction d' un texte avec une  fluidité des mots et des maux qui donnent un bel élan au livre et permet au lecteur de se promener dans ce grand désert chaud, parmi ces peuples de nomades aux us et coutumes lointaines, si barbares mais ancrés dans une culture ancestrale.

 

Chronique rédigée dans le cadre d'un partenariat avec Babelio

 

 

L'auteure     

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Sophie Caratini, spécialiste de la Mauritanie et du Sahara occidentale, est née à Paris en 1948. Elle suit des études de Lettres et d'Ethnologie à l'Université de Nanterre (Paris VII), ainsi que d'arabe classique à l'INALCO et d'Economie Politique à l'Université de Vincennes.  Dans le cadre de sa thèse d'Ethnologie, en 1974, elle choisit de partir en Mauritanie, à la rencontre d'un peuple de nomades du Sahara, les Rgaybat. Sa soutenance de thèse a lieu en 1985, sous la Direction de Jean Duvignaud. De 1983 à 1991, elle est responsable de la section d'Ethnologie de l'Institut du Monde Arabe et membre du Laboratoire de Sociologie de la Connaissance et de l'Imaginaire de l'Université de Paris VII. En 1993, elle entre au CNRS en tant que directrice de recherche, où elle entreprend un vaste programme de recherche sur la relation franco-mauritanienne (laboratoire URBAMA de l'Université de Tours).

 

 

Sophie Caratini - La fille du chasseur - Témoignages...

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