Black Coffee

 

Black Coffee

Juillet 1966. Dans la petite ville perdue de Narcissa, Oklahoma, une maison isolée en bordure de la mythique route 66 est la cible d’un tueur sanguinaire. Une femme enceinte et une fillette sont assassinées, une mère et son fils Desmond grièvement blessés. Le jeune garçon va grandir à l’ombre de ce dossier jamais élucidé par la police, hanté par la figure du tueur, sous le regard d’une mère psychologiquement détruite et à des milliers de kilomètres d’un père absent le jour du drame, et qui n’a eu de cesse de raviver la culpabilité de son fils. Si seulement tu n’avais pas attaché le chien…

2011. Devenu journaliste puis professeur de criminologie à l’université, Desmond G. Blur décide de quitter Chicago pour s’installer en Arizona dans la maison de son père décédé. Une ultime tentative du fils pour se rapprocher de son père et s'en faire pardonner, sans savoir que celui-ci, d’outre-tombe, l’a peut-être mis sur la voie de la réconciliation avec leur passé. Car l’arrivée dans le secteur d’une femme vient bientôt réveiller les démons passés de Desmond : Lola, une femme au comportement étrange qui voyage seule avec ses deux enfants, visitant des villes fantômes. Une Française dont Desmond découvre vite que, sous couvert de jouer les touristes, elle recherche son mari littéralement volatilisé trois ans plus tôt sur la route 66.

Mon avis

1966, Desmond, enfant, est témoin du meurtre sanglant de sa petite soeur. Laissé pour mort en tentant de s'opposer au tueur, il parviendra à le blesser avant de sombrer dans l'inconscience. A son réveil, il découvrira que sa tante enceinte est morte des mains de ce même homme et que ce dernier a également essayé de tuer sa mère.

Peu de temps après, son père, vendeur itinérant, incapable d'affronter la situation et de soutenir sa famille fuira le domicile conjugal. Desmond livré à lui-même s'occupera de sa mère qui noie son chagrin dans l'alcool et qui finira par mourir de chagrin.

Dès lors, les relations père/fils seront inexistantes et Desmond ne reverra jamais son père vivant.

Au fil des années, Desmond n'aura de cesse de retrouver celui qui a changé et brisé sa vie à tout jamais. 

La culpabilité le ronge depuis ce drame. 

Pourquoi a-t-il désobéi à son père ?

Et cette phrase prononcée sans rancoeur, ni colère :

 " Si seulement tu n'avais pas attaché le chien..."

2011, un couple français vit le rêve américain en traversant la route 66. Durant ce périple, Pierre, le père disparaît. 

Sans témoins, sans réelle enquête, Lola, la mère et ses deux enfants retournent en France.

Trois ans plus tard, contactée par son mari qui reste vague sur les raisons de sa disparition et qui semble craindre pour sa vie,  Lola décide de retourner aux USA afin de le retrouver.

Avant de disparaître à nouveau, Pierre envoie un cahier à son épouse contenant les confessions qu'il a recueillies auprès d'un tueur sévissant le long de la route 66.

On découvre au fil des pages que les vies de Lola et de Desmond ont un dénominateur commun : Le tueur de la route 66.

 

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Dans ce road movie digne d'un bon scénario, le destin des divers personnages se croisent, les pistes se rejoignent.  Pas de meurtres sanglants, juste des victimes exécutées froidement, actes guidés par une soif de haine, de vengeance et de survie d'un tueur sans états d'âme.

La lecture est aisée, rapide. 

En ce qui concerne l'écriture, je l'ai trouvée agréable et fluide du fait de chapitres courts qui permettent de donner du rythme au texte.

Lorsque l'on parle des Etats-Unis, de ses magnifiques paysages, des lieux connus,  on a tendance à  référencer  "la route 66" comme un mythe, à y imaginer les bikers, l'aventure, la liberté, le désert aride...

Et pourtant, au fil des pages,  on y découvre le côté sombre de cette route parcourue par l’horreur, le malheur et l’errance d’un tueur déterminé à faire souffrir jusqu’à son dernier souffle.

Pas de temps mort, une chasse à l'homme qui se met en place peu à peu, et l'étau qui se resserre enfin sur le tueur.

La fin laisse plâner comme un doux parfum d'incertitudes...

L'auteure

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Naissance à Nancy le 10 décembre 1966.

Auteure de six romans, de nouvelles policières et de nombreuses dramatiques radio (Prix SACD Meilleur jeune auteur), Sophie Loubière publie son premier polar dans la collection Le Poulpe. Son univers : la maltraitance des sentiments, les secrets coupables, les êtres brisés en quête de rédemption, les losers flamboyants ou attendrissants. Entre empathie et défiance envers ses personnages, elle plonge le lecteur dans un trouble profond, puisant son inspiration dans des faits divers, ou dans ce qui la touche plus intimement.Sophie Loubière est aussi une voix bien connue de la radio (Dernier parking avant la plage sur France Inter, chroniques musiques de film et Info polar sur France Info).

 

  « Sophie Loubière, c’est une Agatha Christie qui pète un plomb ! » (J.B.POUY)                              

Bibliographie

La Petite fille aux oubliettes, collection « Le Poulpe », Baleine Seuil, 2000 (Roman)

Petits polars à l'usage des grands, collection « Librio Noir », J’ai lu, 2000 (Nouvelles)

Je ne suis pas raisonnable, Balland, 2001 (Roman)

Eléphanfare, Albin Michel Jeunesse, 2003 (Ouvrage jeunesse)

Dernier parking avant la plage, collection « Le Cabinet Noir », Les Belles Lettres, 2003 et collection de poche « Folio policier », Gallimard, 2004 (Roman) 

Pour en finir avec les hommes (et la choucroute), Balland, 2004 (Roman) 

Petit atelier de bricolage... de plage, Ginkgo éditeur, 2008 (Ouvrage humour) 

Dans L'œil noir du Corbeau, Cherche-midi, 2009 (Roman)

L’enfant aux cailloux, Fleuve Noir, 2011 (Roman) (Prix Lion Noir de Littérature Policière, Grand Prix de la Ville de Mauves-   sur-Loire) 

Petits polars de Sophie, collection 12/21 (numérique), 2012(Nouvelles)

Black Coffee, Fleuve Noir, 201 (Roman)