L'échiquier d'Howard Gray   

 

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Alors que Gino coule une deuxième vie professionnelle sans encombre, voilà qu'il doit prêter main forte à ses anciens collègues de la police judiciaire. L'affaire est sensible, comme toutes celles qui touchent au terrorisme. La chasse à l'homme le plus recherché de France est lancée. Un chien enragé aux trousses d'un chien fou. Gino tente tant bien que mal de garder la tête froide quand ses anciens démons refont surface et menacent de l'emporter dans les affres de la folie. D'autant plus que tout se complique. Quelqu'un tire les ficelles en coulisse et joue avec la vie des gens comme avec les pions d'un échiquier. Son coup favori ? La peur insidieuse qui rend les hommes plus maléables et le monde moins sûr.

 

 

 

Mon avis

Gino, jeune flic promis à un brillant avenir, voit sa vie basculer dans l’horreur en peu de temps. Sa soeur meurt dans un accident de la route et ses parents sont assassinés. Brisé, seul, il sombre peu à peu dans l'alcool et sa vie n'est plus dès lors qu'une longue descente aux enfers.

Viré de la police judiciaire, il s’est reconverti dans le métier « d’agent de recherche privé » et essaie de reprendre pied peu à peu.

« Il ne se considérait pas comme un alcoolique cependant, enfin plus maintenant. Lors des évènements qui avaient mis fin à sa carrière de flic, il levait le coude plus souvent qu'à son tour, mais sa nouvelle vie lui avait permis de reprendre le dessus »

Et pourtant, depuis 9 ans, il rumine sa vengeance car le coupable de tous ses malheurs a un nom : Sentino, un mafioso à qui il voue une haine farouche.

« Ses pensées s’arrêtèrent sur Sentino, comme à chaque fois qu'il buvait trop. Mécaniquement sa main libre chercha à tâtons par-dessus sa veste en jean. Elle s’arrêta sur la bosse que formait le neuf millimètres contre sa poitrine. Un Jericho Israélien ramené de Yougoslavie quand il était militaire. ‘Il y a longtemps que j’aurai dû le faire’, songea-t-il. Mais il n’en avait jamais eu le courage, son penchant pour l’ordre et la justice avait été trop fort. »

De temps à autre, il prête main forte à son ancien chef Arty en travaillant sur des affaires en cours. Un jour, Arty lui confie le dossier d’un terroriste. La piste qui se dessine peu à peu lui semble trop aisée, trop simple, trop facile.

« -  Al’Wesan, tu connais ?  

- Tu me prends pour un con Arthy ?

Un peu qu'il le connaissait. Qui pouvait prétendre ne pas connaître une star de la petite lucarne pareille ? Terroriste iranien, Al’Wesan, Racheed de son prénom, était devenu en l’espace de six mois l’ennemi public numéro un. A prendre mort ou vif, comme dans un western. Il ne passait pas un journal télévisé sans qu’apparaisse sa tête d’islamiste radical, menaçant les intérêts Français et même le sol de la République. Il avait commis deux attentats retentissants en France en un semestre et personne n’arrivait à mettre la main dessus. Gino n’avait cependant pas imaginé que la police était à ce point aux abois pour se tourner vers lui. 

Au fil de son enquête, le nom d’un homme d’affaires réputé : Howard GRAY  apparaît. Sous la façade honnête d’une société, Gino décèle des agissements anormaux, des machinations sombres. Dès lors, celui-ci emploiera tous les moyens afin de découvrir la vérité.

Gino est un homme tourmenté, ravagé, mais très déterminé. Son acharnement à vouloir dénoncer un complot l’emmènera dans le monde du terrorisme.

L’auteur a su se servir de l’actualité afin d’argumenter et de rendre le plus crédible possible son intrigue.

Un roman assez noir qui oblige le lecteur à se poser nombre de questions sur ce qu’il croit savoir.

Une intrigue très dure, mais où la manipulation est la trame principale.  Une belle maîtrise dans la cohérence des faits. 

L’écriture de l’auteur est ferme, posée, crédible et très proche de la réalité que nous voyons chaque jour au travers des divers médias. 

Un auteur dont j'aurai plaisir à suivre les parutions.

 

L'auteur

   

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Naissance à Firminy le 22 mars 1976.
Florent Marotta passe son enfance dans la Loire, dans une petite ville proche de Saint-Étienne. Il se met à lire sur le tard, préférant l'écriture et les histoires qu'il s'invente alors, empreintes de mondes et de créatures imaginaires. Il crée les personnages qui le font rêver, qu'il aimerait croiser.

Il admire au collège les enquêtes au climat si particulier d'Agatha Christie dont Dix petits nègres le font frissonner, et Sherlock Holmes parfois y pointe également le bout de son nez, plus tard apparait Elizabeth George.

Sa scolarité est inégale, pour ne pas dire inachevée. Il met un point d'honneur à obtenir son baccalauréat littéraire bien des années après en candidat libre, sans réellement savoir pourquoi. C'est le début pour lui d'un goût certain pour le savoir. Florent Marotta est un autodidacte. Il préfère de loin apprendre ce qu'il veut comme il l'entend et perdre cinq euros en frais de retard à la bibliothèque qu'en une éducation inadaptée.

Il se met à écrire en 1997 à vingt et un ans. Un roman de fantasy, encore aujourd'hui inachevé, dont l'inspiration lui vient au gré des lectures des livres de Tolkien, Eddings, Grimbert, Jordan et bien d'autres encore.
Et puis il découvre la littérature noire, le polar et son cortège d'écrivains tous plus ingénieux les uns que les autres. Il débusque les "Séries noires" de Gallimard avec Carlotto, Shagan et Deming pour ne citer qu'eux. Une vraie saveur, du vrai noir. Il s'aventure aussi sur le terrain du thriller et du complot avec Umberto Eco, Dan Brown, Ian Caldwell et même Henri Lœvenbruck. Dans un autre genre Roger Jon Ellory le subjugue, Fred Vargasl'accompagne, Gillian Flynn le laisse perplexe et Pierre Lemaître pantelant.

Ses influences sont multiples et trahissent son désir de ne pas se cantonner à un seul genre. De ce mélange de saveurs est né son désir d'écrire, de raconter des histoires.
Le choix du thriller et du polar s'impose. Son expérience professionnelle y est probablement pour beaucoup. Il arpente les terrains de jeu pas toujours très reluisants du monde. Il est successivement militaire, soldat de l'Onu dans une ex-Yougoslavie agonisante, enquêteur en police judiciaire et maintenant il goûte une vie plus calme dans une mairie de la Loire.
Sa carrière d'écrivain débute réellement avec Projet T, un roman mêlant faits réels et pures spéculations. Il la poursuit aujourd'hui avec L'Échiquier d'Howard Gray, plus sombre, flirtant toujours avec le complot, si proche de la réalité.

 

Chronique sur les Polars de Marine et interview de l'auteur